Politique de la ville : Franck Montaugé interpelle le gouvernement sur ses intentions vingt ans après Clichy-sous-Bois
Vingt ans après la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré dans un transformateur électrique de Clichy-sous-Bois, le sénateur Montaugé a interpellé le ministre du Logement sur l’avenir des quartiers prioritaires de la politique de la ville.
Lors de son intervention, il a relevé l’insuffisance des crédits de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU), le manque de soutien aux associations de terrain et l’inadéquation de l’action gouvernementale depuis 2017 face aux attentes des habitants.
Texte de l'intervention du sénateur Montaugé :
« Le 27 octobre 2005, Zyed BENNA 17 ans
et Bouna TRAORE 15 ans perdaient leurs vies, à peine commencées, dans un transformateur
électrique de leur cité. J’ai une pensée aujourd’hui pour eux et pour leurs
familles.
Ce drame engendrera un affrontement violent
entre des habitants du quartier et les forces de police.
Depuis 20 ans, d’autres manifestations du même
type ont eu lieu dont celles de 2023 avec 11 jours d’émeutes et de grands
dégâts dans de nombreuses communes.
L’analyse de ces faits ne peut être
circonscrite, comme c’est souvent le cas, à la question sécuritaire. Je
rappelle ici que Zyed et Bouna n’avaient rien fait de répréhensible.
Dans le cadre de la loi de 2014, l’Agence Nationale
pour la Rénovation Urbaine (ANRU) nous alerte sur les crédits de renouvellement
urbain manquant depuis plusieurs mois.
Les acteurs, souvent associatifs, qui agissent
au cœur de ces quartiers doivent aussi être soutenus davantage.
En définitive, de manière variable d’un Quartier
Politique de la Ville (QPV) à l’autre, l’action menée depuis 2017 n’est souvent
pas à la hauteur des attentes légitimes de nos concitoyens concernés.
Monsieur le ministre, sur quels points
entendez-vous agir en priorité pour que nos concitoyens vivant dans ces quartiers
se sentent membres à part entière de la communauté nationale ? »
Revoir ici la vidéo de l'intervention du sénateur Montaugé.
En réponse, le ministre du Logement a reconnu la légitimité de ces préoccupations et a rappelé les travaux du comité interministériel des villes (CIV) à ce sujet mais en les restreignant au seul volet « tranquillité publique ».
“La ségrégation spatiale n’est pas admissible”, a déclaré le sénateur dans sa réplique, réclamant une égalité républicaine effective sur tout le territoire national. Il demande au ministre de faire de l’accès aux services publics une priorité majeure et se dit prêt à voter les moyens budgétaires nécessaires.
Franck Montaugé plaide enfin pour un changement de regard sur ces quartiers. “Par leur travail, souvent de première ligne, l’apport de leurs habitants à la vie nationale est considérable”, a-t-il souligné, appelant à ne plus évoquer ces territoires uniquement en temps de crise.
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